broquisse, valérie

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on ne peut s’empêcher, dans le cadre de cette édition des Transphotographiques, d’aborder l’ensemble des paysages de bords de mer de valérie broquisse comme faisant écho à la mission de gabriele basilico pour la datar et qu’il avait menée quelque vingt-cinq ans plus tôt. mais au-delà de cette portion de territoire commune aux deux projets, et de la volonté explicite d’investir une certaine catégorie de lieux de façon méthodique, tout semble différer. à commencer par le fait que valérie broquisse a remonté la côte depuis cabourg jusqu’à la frontière belge, alors que gabriele basilico opérait dans l’autre sens et a prolongé son inventaire jusqu’au mont-saint-michel. la première a travaillé en couleurs, le second en noir et blanc. mais c’est surtout dans l’approche du paysage que la différence se fait plus sensible : la photographie de valérie broquisse est de toute évidence moins radicalement documentaire que celle de gabriele basilico. même si une rigueur dans la conception des cadrages et de la composition s’impose, on sent chez Valérie Broquisse l’envie de liberté : se laisser aller à la contemplation de la beauté plastique des lieux, la manifestation de la lumière et de la couleur qui les animent à certaines heures de la journée. On perçoit le désir de cadrer la réalité selon un certain goût de la géométrie, de s’arrêter sur de petits éléments d’architecture balnéaire qui rythment la composition, sur des notes de couleur qui la ponctuent. mais par dessus tout, ainsi qu’elle le souligne elle-même, valérie broquisse est sensible au climat de ces lieux. dessinés, conçus pour accueillir une population de vacanciers, ils sont dès septembre, au moment où les photographies ont été réalisées, comme orphelins de cette présence, de l’agitation et des bruits de l’été. une fois que tout le monde est parti, ils ont quelque chose de dérisoire.

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