caillard, léo

FR, 1985

les photographies de léo caillard empruntent au trompe l’oeil, à l’anachronisme brutal, à l’intrusion visuelle: celle de la technologie de pointe dans les oeuvres de l’art classique. cette série de clichés envisage les pièces de musée comme des images sur un écran de smartphone ou de tablette numérique, que l’on peut faire défiler, rogner ou effacer à sa guise. le caractère sacré de l’icône semble remis en cause par la culture de l’écran.

l'écran semble « faire écran » à la contemplation de l’oeuvre. c’est le cas de ces arpenteurs de musées qui vont au louvre, prennent une photo de la joconde et repartent sans l’avoir vu, sans s’affranchir de la distance qu’impose l’appareil. au fond, ils ne regardent pas la toile, ne créent pas un contact direct et engageant avec le tableau. et ce « ils » est potentiellement un « nous ».

pourtant, tout n’est pas que perte de sens dans l’usage des outils technologiques. si on se garde de sombrer dans ce relativisme qui nivelle toute chose, internet permet la constitution d’un musée imaginaire à distance, en temps réel et gratuitement (ou presque). les possibilités de l’image sont alors infinies.

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